Sébastien Mathé is a photographer on a mission to capture the universal language of movement, fluidity, and creativity: dance. Working professionally as a photographer since 2004, Sébastien’s roots very much stem from the performing arts. In 2005, after studying cinema and photography, he began photographing for the Paris National Ballet. Now, Sébastien is working on “Viva Danza”, a photographic body of work exploring what it means to document the essence of dance, wonder, and life.

Interview responses are in French. They have been translated by the artist in English below each response.

Ephimera: You have been a freelance photographer since 2004. What did you like about photography? How did it inspire you to pursue a career in image-making?

Sébastien: Mon premier rêve professionnel était de devenir réalisateur de long-métrage de fiction, convaincu que l’art et l’émotion peuvent toucher même les plus insensibles des humains. Je me suis donc initialement formé au montage via un BTS audiovisuel à Toulouse, pour comprendre comment agencer entre eux des images et des sons, afin de faire naître ces émotions et les rendre accessibles aux spectateurs. En somme, je voulais comprendre le langage cinématographique. Puis j’ai évolué, et constaté que j’étais plus à l’aise avec l’image fixe d’un côté, et la musique de l’autre. Volontiers solitaire, je ne me sentais pas capable, à l’époque, de diriger des équipes importantes. Après ma maîtrise, j’ai donc obtenu un deuxième BTS, de photographe cette fois-ci. Au final, je suis venu à la photographie après une lente maturation intellectuelle dont ma série Viva Danza est d’ailleurs la quintessence, puisque son propos est : « Comment représenter le mouvement dans une image fixe ? »

My first professional dream was to become a fictional feature film director, convinced that art and emotion can touch even the most callous of humans. So I initially trained in editing via an audiovisual BTS in Toulouse, to understand how to arrange images and sounds between them, in order to create these emotions and make them accessible to viewers. In short, I wanted to understand the cinematographic language. Then I evolved, and found that I was more comfortable with the still image on one side, and the music on the other. Gladly lonely, I didn’t feel capable at the time of leading large teams. So after my master’s degree, I got a second BTS, this time in photography. In the end, I came to photography after a slow intellectual maturation of which my series Viva Danza is the quintessence, since its purpose is: “How to represent movement in a still image? “

“Dekta” by Sébastien Mathé. Image provided by the artist.

Ephimera: Tell us a bit about your series of work “Viva Danza”. How did the idea begin?

Sébastien: J’ai démarré Viva Danza par hasard, lors de mes années d’apprentissage. Venu photographier le spectacle Signes de Carolyn Carlson à l’Opéra Bastille, j’explorais différents réglages techniques afin de trouver les meilleurs pour chaque situation. Mais l’un des tableaux était fort sombre, et même en repoussant les limites de mon boîtier il m’était impossible de figer le mouvement des danseurs. Alors j’ai modifié mon approche, avec la volonté d’obtenir non plus des images figuratives les représentant fidèlement, mais une trace lumineuse abstraite traduisant visuellement leurs mouvements. Le résultat m’a tout de suite convaincu de la pertinence de cette approche, à la fois purement graphique et intellectuellement pleine de sens : “comment traduire fidèlement le mouvement, essence de la danse et de sa beauté, dans une image fixe ?”. Viva Danza était née.

I started Viva Danza by chance, during my apprenticeship years. Coming to photograph Carolyn Carlson’s Signes show at the Opéra Bastille, I explored different technical settings to find the best for each situation. But one of the moments was very dark, and even pushing the limits of my camera it was impossible for me to freeze the movement of the dancers. So I changed my approach, with the desire to no longer obtain figurative images representing them faithfully, but an abstract light trace visually translating their movements. The result immediately convinced me of the relevance of this approach, both purely graphic and intellectually full of meaning: “How can we faithfully translate movement, the essence of dance and its beauty, in a fixed image?” Viva Danza was born.

The dancers control their bodies, and give their movements a fluidity that is sometimes exhilarating, sometimes intoxicating.

Sébastien Mathé

Ephimera: Set the stage for the production of the images. How do you capture these abstract portraits?

Sébastien: Techniquement il s’agit de poses relativement longues, adaptées au style d’éclairage du spectacle (ponctuel/contrasté ou diffus) et aux mouvements des danseurs (rapides/lents).Il faut aussi disposer d’un fond de scène uni, généralement noir : la plupart des images sont donc issues de ballets contemporains, les grands ballets classiques étant souvent accompagnés d’un décor.Enfin, un point de vue situé entre les pieds et la taille des danseurs est idéal, pour limiter la proportion du sol dans l’image et détacher parfaitement le sujet du fond.Mais l’essentiel réside dans cette volonté, évoquée plus haut, de trouver comment traduire fidèlement le mouvement dans une image fixe. Cette quête m’amène à déclencher plus ou moins en rythme avec la musique, à suivre les mouvements de façon attentive pour détecter l’instant où la trace à venir la seconde d’après pourrait être esthétique et fidèle au mouvement vu sur scène. Le hasard décide ensuite de la pertinence de mon choix. Parfois, la magie opère et je sens immédiatement si l’image qui s’affiche est réussie : elle semble rester vivante, animée, et ce “petit quelque chose” qui échappe aux règles photographiques habituelles lui donne tout son intérêt.La post-production est d’ailleurs peu importante, et se contente d’optimiser visuellement les images obtenues : contraste, saturation des couleurs, cadrage… L’essentiel est déjà présent à la prise de vue.La technique, qui doit certes être maitrisée, n’est ainsi qu’un outil pour traduire ma vision.

Technically, these are relatively long shutter speeds, adapted to the lighting style of the show (pointing/contrasting or diffused) and to the movements of the dancers (fast/slow). You must also have a plain backdrop, generally black: most of the images are therefore taken from contemporary ballets, the great classical ballets often being accompanied by a set. Finally, a point of view situated between the feet and the waist of the dancers is ideal, to limit the proportion of the ground in the image and perfectly detach the subject from the background. But the essential lies in this desire, mentioned above, to find how to faithfully translate the movement in a fixed image. This quest leads me to trigger more or less in rhythm with the music, to follow the movements in an attentive way to detect the moment when the trace to come the second after could be aesthetic and faithful to the movement seen on stage. Chance then decides the relevance of my choice. Sometimes the magic operates and I immediately feel if the image that appears is successful: it seems to stay alive, animated, and this “little something” that escapes the usual photographic rules gives it all its interest. Post-production is also not very important, and is only about visually optimizing the images obtained: contrast, color saturation, framing… The essential is already present during the shooting. The technique, which must certainly be mastered, is thus only a tool to translate my vision.

“Nidji” by Sébastien Mathé. Image provided by the artist.

Ephimera: You describe the movement of dancers in “Viva Danza” like “will-o’-the-wisp”. What is it about their movement that feels so magical?

Sébastien: Les danseurs maîtrisent leur corps, et donnent à leurs mouvements une fluidité parfois exaltante, parfois enivrante. L’exécution parfaite des gestes vous entraîne à leur suite, vous plonge dans l’histoire et dans les personnages, que bientôt vous vous prenez à rêver d’incarner. Ainsi va le travail des artistes, soucieux de faire ressentir ou comprendre à l’autre. Une démarche altière, fraternelle et sensible à laquelle j’adhère profondément, et dont nos sociétés individualistes et fonctionnelles ont je crois bien besoin actuellement. Car sans émotions, sans partage, sans lien social, quel est le sens de la Vie ?

The dancers control their bodies, and give their movements a fluidity that is sometimes exhilarating, sometimes intoxicating. The perfect execution of the gestures leads you in their wake, plunges you into the story and into the characters, which you soon find yourself dreaming of embodying. So goes the work of artists, anxious to make others feel or understand. An approach full of otherness, fraternal and sensitive to which I adhere deeply, and which our individualistic and functional societies currently need. Because without emotions, without sharing, without social bond, what is the meaning of Life? 

Ephimera: What makes capturing movement, and the wonders of dance in a single photograph, important to you?

Sébastien: Comme chacun d’entre nous, je suis sensible à la reconnaissance des autres. Et quelle plus belle récompense, pour un esthète, que celle d’être reconnu pour son travail artistique personnel ? Ce n’est pas le sujet qui importe le plus lorsqu’on s’exprime, mais la manière dont on l’aborde : car pour un même sujet, un style qui touchera certains d’entre nous laissera les autres insensibles. Alors je crée à ma façon, et observe depuis 2004 la tranquille et régulière ascension de Viva Danza, une réussite qui contribue à me rendre heureux. Et être heureux en étant reconnu et apprécié pour ce que l’on est, n’est-ce pas la quête ultime de chacun d’entre nous ?

Like all of us, I am sensitive to the recognition of others. And what better reward for an esthete than to be recognized for his personal artistic work? It is not the subject that matters most when we express ourselves, but the way we approach it: because for the same subject, a style which will touch some of us will leave others insensitive. So I create in my own way, and have observed since 2004 the quiet and regular rise of Viva Danza, a success which contributes to making me happy. And being happy by being recognized and appreciated for who we are, isn’t that the ultimate quest for each of us?

“Valhari” by Sébastien Mathé. Image provided by the artist.

Ephimera: Where does “Viva Danze” sit today? Is it finished, or an on-going work? Where do you hope to see it in the future?

Sébastien: Viva Danza a déjà été exposé 6 fois à Paris, a voyagé jusqu’à Saint-Pétersbourg en Russie et pendant 1 an dans 9 villes de Chine, via le réseau des Alliances Françaises.
La série comporte aujourd’hui une trentaine d’images, et je la complète encore selon les opportunités.Mon rêve serait de voir ces images imprimées en grand format dans des lieux publics dédiés à la danse et à l’art en général. Elles sont aussi parfaites pour la décoration intérieure des lieux privés ou professionnels, et je remercie chaleureusement mes collectionneurs pour leur enthousiasme et leur soutien.
L’aventure continue : les voir aujourd’hui sur Ephimera est fantastique !

Viva Danza has already been exhibited 6 times in Paris, traveled to Saint Petersburg in Russia and for 1 year in 9 cities in China, via the Alliances Françaises network. The series now includes around thirty images, and I still complete it according to the opportunities. My dream would be to see these images printed in large format in public places dedicated to dance and art in general. They are also perfect for the interior decoration of private or professional places, and I warmly thank my collectors for their enthusiasm and support. The adventure continues: seeing them today on Ephimera is fantastic!

Ephimera: We found “Akva” particularly dynamic due to the motion of the water. Do you think it adds another element of energy to the work?

Sébastien: Les éléments naturels apportent effectivement une dimension particulière à certaines images. D’une part car cette situation est rare sur scène, d’autre part car ils donnent à ces images un style plus primitif encore. L’eau pour Akva ou Dexi, le feu pour Zepko ou Kadeli, l’air pour Vekho ou Eletik… En combinant des couleurs vives, des compositions toutes en tensions et des références aux forces vitales naturelles, je crois réussir à obtenir des images visuellement puissantes, donc artistiquement intéressantes. L’abstraction graphique éveille l’imaginaire, et les titres des oeuvres, en Esperanto, les rendent universelles. Leur appréciation peut ainsi être purement graphique et visuelle, ou plus intellectuelle, mais l’essentiel de mon approche est là : émouvoir d’abord, questionner ensuite.

The natural elements do indeed bring a particular dimension to certain images. On the one hand because this situation is rare on stage, on the other hand because they give these images an even more primitive style. Water for Akva or Dexi, fire for Zepko or Kadeli, air for Vekho or Eletik … By combining bright colors, compositions all in tension and references to natural vital forces, I believe I succeed in obtaining visually powerful images, therefore artistically interesting. Graphic abstraction awakens the imagination, and the titles of the works, in Esperanto, make them universal. Their appreciation can thus be purely graphic and visual, or more intellectual, but the essence of my approach is there: to move first, to question then.

“Akva” by Sébastien Mathé. Image provided by the artist.

“Akva” is Sébastien’s first photograph to be tokenized on the Ethereum blockchain, and will be going live for auction at 12:00AM EST / 6:00AM CET on February 2nd, 2021.